L'impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPEF)
L'IRPEF (Imposta sul Reddito delle Persone Fisiche) s'applique au revenu mondial des résidents fiscaux italiens selon une échelle progressive à trois tranches réformée par la loi de finances 2026 (L. 199/2025) : 23 % jusqu'à 28 000 € ; 33 % de 28 001 € à 50 000 € ; 43 % au-delà de 50 000 €. Cette structure remplace l'ancien barème à cinq tranches et produit, pour les hauts revenus, une charge d'IRPEF nationale légèrement supérieure à celle prévalant avant 2024. Les addizionali régionales (entre 0,7 % et 3,4 % selon la région) et municipales (0,0 % à 0,9 %) s'ajoutent à l'impôt national et portent la charge marginale totale à 45-47 % dans plusieurs régions. Les contribuables bénéficient de déductions pour charges familiales, prêts immobiliers et cotisations de sécurité sociale. Les non-résidents ne sont imposés que sur les revenus de source italienne, le plus souvent par retenue à la source libératoire.
Impôt des sociétés (IRES + IRAP)
Les SRL et S.p.A. italiennes sont assujetties à l'IRES à 24 % sur les bénéfices mondiaux, plus l'IRAP à 3,9 % sur la valeur nette de la production (base large, souvent réduite par les déductions sur la masse salariale dans les entreprises de services). Le taux effectif combiné d'IRES + IRAP pour une SRL de services se situe généralement entre 27 % et 31 %. Les start-ups innovantes (SRL Innovativa) bénéficient d'un IRES réduit à 15 % pendant cinq ans, à condition de respecter les critères d'innovation, de R&D et de capital défini par la loi. Les holdings industrielles et financières (SRL detentrici di partecipazioni) peuvent opter pour le régime de participation exemption, qui exclut 95 % des dividendes intra-groupe de l'IRES. Les pertes reportables sont plafonnées à 80 % du revenu imposable, avec report illimité dans le temps (depuis le D.Lgs. 147/2015).
Impôts sur le patrimoine à l'étranger : IVIE et IVAFE
Les résidents fiscaux italiens doivent déclarer et payer l'IVIE (1,06 % sur la valeur cadastrale ou de marché des immeubles étrangers, retenue au plus élevé des deux) et l'IVAFE (0,2 % sur la valeur des actifs financiers étrangers ; 0,4 % s'ils sont détenus dans des juridictions non coopératives listées par décret du MEF). Une taxe forfaitaire de 34,20 € s'applique par compte bancaire étranger dont le solde moyen annuel est inférieur à 5 000 € ; au-delà, l'IVAFE s'applique normalement. La déclaration via le Quadro RW du Modello Redditi est obligatoire indépendamment de la valeur, et le non-respect des délais déclenche des majorations de 30 % à 240 % des sommes dues. Les conventions bilatérales contre la double imposition peuvent ouvrir droit à un crédit d'impôt pour l'IVIE payée à l'étranger sur un même bien.
L'impôt forfaitaire de 300 000 € pour les nouveaux résidents (2026)
L'article 24-bis du TUIR, mis à jour par la L. 199/2025, permet aux personnes qui n'ont pas été résidentes fiscales italiennes pendant 9 des 10 années précédentes d'opter pour un impôt forfaitaire de 300 000 €/an sur l'ensemble de leurs revenus de source étrangère, pendant 15 ans au maximum. Les revenus de source italienne restent imposés séparément selon les règles ordinaires de l'IRPEF et des contributions sociales. L'option est irrévocable et doit être exercée au cours de la première année de résidence italienne, via le Modello Redditi SC. Elle est avantageuse pour les contribuables dont le revenu mondial dépasse 700 000-800 000 €, où la charge fiscale italienne classique aurait dépassé 300 000 €. Pour les familles transférant leur centre de vie, il faut inclure les revenus du conjoint pour déterminer si l'option reste rentable.
Droits de succession et de donation
L'impôt italien de succession et de donation suit, depuis la réforme entrée en vigueur en 2026, des taux distincts : 4 % pour les descendants en ligne directe et le conjoint, avec une exonération de 1 000 000 € par bénéficiaire et par opération ; 6 % pour les frères et sœurs, exonération de 100 000 € ; 8 % pour les autres parents jusqu'au quatrième degré, sans exonération. Les taux pour les parents au-delà du quatrième degré et pour les personnes sans lien de parenté sont de 10 % et 15 % respectivement. Une réforme récente a séparé les seuils : les exonérations ne sont plus mutualisables entre donations et successions. Les non-résidents ne paient l'impôt italien que sur les biens situés en Italie ; les conventions bilatérales peuvent accorder un crédit pour l'impôt payé à l'étranger.
Le régime forfaitaire à 5 % pour les freelances
Le régime forfaitaire (regime forfettario) est un impôt substitutif de l'IRPEF et des cotisations INPS, accessible aux personnes physiques titulaires d'une Partita IVA dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 85 000 € et qui respectent les limites de revenus et de revenus divers. Le taux ordinaire est de 15 %, mais il est ramené à 5 % pendant les cinq premières années de l'activité (et les quatre suivantes) si toutes les conditions de nouvel entrepreneur sont réunies. La TVA n'est pas due sur les prestations, le contribuable reste soumis à une cotisation INPS forfaitaire fixée par la Gestione Separata ou la gestion des artisans/commerçants. Le régime est perdu si le seuil de chiffre d'affaires est dépassé ; le passage au régime ordinaire implique une régularisation des charges sociales sur les cinq années précédentes.
Le régime des impatriés (art. 5 D.Lgs. 209/2023)
L'art. 5 du D.Lgs. 209/2023, applicable aux transferts de résidence à compter de 2024, exonère 50 % des revenus du travail salarié et indépendant produits en Italie (60 % en cas de naissance, adoption ou résidence italienne d'un enfant mineur remplissant les conditions), dans la limite de 600 000 € de revenus admissibles par période d'imposition. L'avantage est plafonné : la fraction qui excède 600 000 € est imposée normalement. Le régime dure cinq périodes d'imposition (l'année du transfert et les quatre suivantes), sans prolongation, et ne comporte aucune majoration régionale ; il s'applique uniformément sur tout le territoire italien. L'ancien régime de l'art. 16 D.Lgs. 147/2015 (taux de 70 % et 90 % dans les régions du Sud, durée 5+5 ans) reste ouvert uniquement aux contribuables devenus résidents fiscaux italiens au plus tard le 31 décembre 2023.
Résidence fiscale : les trois critères alternatifs
Une personne est résidente fiscale italienne dès qu'elle remplit l'un des trois critères alternatifs posés par l'art. 2 du TUIR. Premier critère : l'inscription à l'Anagrafe (registre de la population) de la commune italienne choisie, qui formalise la résidence administrative. Deuxième critère : la présence sur le territoire italien plus de 183 jours au cours de l'année civile, même non consécutifs, ce qui inclut les journées de transit et de travail. Troisième critère, le plus subjectif : le centre des intérêts vitaux en Italie, apprécié d'après les liens familiaux, économiques, sociaux et patrimoniaux prédominants (conjoint, enfants, activité principale, résidence principale, comptes bancaires). L'administration fiscale italienne, l'Agenzia delle Entrate, peut retenir la résidence même en l'absence d'inscription à l'Anagrafe, et inversement la contester si le centre de vie effectif demeure à l'étranger ; chaque cas fait l'objet d'une analyse sur pièces.