Visa Investisseur Italie (Golden Visa)
Le Visa Investisseur (art. 26-bis du TUI) est délivré par le Ministère des Entreprises et du Made in Italy (MIMIT). Quatre catégories d'investissement sont éligibles : 250 000 € dans des start-ups innovantes italiennes, 500 000 € dans une société de capitaux italienne, 2 000 000 € en obligations d'État italien ou 1 000 000 € à titre de don philanthropique (culture, éducation, recherche, patrimoine artistique). La demande est entièrement en ligne via il portale imprenditorialitalianiesteri ; le nulla osta est délivré sous 25 à 35 jours ouvrés, suivi d'un permis de séjour de deux ans renouvelable tant que l'investissement est maintenu. Le programme est suspendu depuis juillet 2023 pour les ressortissants russes et biélorusses. Le visa n'ouvre pas directement la résidence fiscale : celle-ci dépend de la durée effective du séjour et du centre de vie.
Visa Travail Autonome
Le Visa Travail Autonome (art. 26 du TUI) concerne les freelances et fondateurs qui ne remplissent pas les seuils du Visa Investisseur. Le dossier doit démontrer une qualification professionnelle avérée (diplômes, expériences, licences sectorielles), une source de revenus viable, un logement et un code fiscal italien. Le consulat peut exiger un solde bancaire disponible de 15 000 € à 25 000 €. Le permis de séjour dure deux ans et est renouvelable, à condition de démontrer la poursuite effective de l'activité. Au bout de cinq ans de résidence légale continue, le titulaire peut solliciter le permis de séjour UE de longue durée (art. 9 du TUI). Le visa est révoqué si l'activité autonome cesse pendant plus de douze mois consécutifs ; un relevé trimestriel d'activité auprès de la Chambre de Commerce est recommandé.
Visa Nomade Digital (D.Lgs. 146/2023)
Le Visa Nomade Digital, institué par le D.Lgs. 146/2023, cible les travailleurs hautement qualifiés en emploi à distance auprès d'employeurs ou de clients non italiens. Conditions chiffrées : revenu annuel brut d'au moins 28 000 € (35 000 € pour les professions particulièrement demandées définies par décret du MAECI), assurance maladie privée couvrant l'ensemble du territoire italien, contrat de travail avec un employeur hors Italie ou activité de freelance auprès de clients non italiens, casier judiciaire vierge des cinq dernières années et justificatif d'hébergement en Italie. Le visa ouvre un permis de un an, renouvelable tant que les conditions restent réunies. Il ne permet ni de travailler pour une entreprise italienne, ni de s'inscrire au registre des entreprises (Registro Imprese), ni d'exercer comme frontalier ; il est cumulable avec une résidence élective si les conditions de revenus passifs sont remplies simultanément.
Visa de Résidence Élective
Le Visa de Résidence Élective (art. 11 du DPR 394/1999) s'adresse aux retraités et aux personnes financièrement indépendantes qui souhaitent résider en Italie sans exercer d'activité professionnelle lucrative. Conditions de revenu : au moins 31 000 € par an pour le demandeur seul, provenant exclusivement de sources passives (pensions publiques ou privées, dividendes, loyers, rentes viagères, intérêts bancaires), majoré de 20 % pour chaque membre de la famille accompagnant (conjoint, enfants à charge, parents). Le titulaire ne peut ni travailler ni fournir de prestations pour des clients italiens ; il peut gérer son patrimoine personnel, étudier, et participer à des activités bénévoles. Fiscalement, la résidence élective ne crée pas automatiquement la résidence fiscale italienne : elle dépend du centre de vie effectif et de la règle des 183 jours. Cette voie est particulièrement prisée des retraités français, britanniques et nord-européens qui disposent d'un patrimoine immobilier ou financier générant des revenus passifs stables sans intervention quotidienne.
Citoyenneté italienne par ascendance (jure sanguinis)
L'Italie reconnaît le droit du sang (jure sanguinis) sans limite de génération, à condition que l'ascendant italien n'ait pas renoncé à sa citoyenneté avant la naissance du descendant, ni acquis une nationalité étrangère avant cette date. Cadre legislatif : la transmission suit la loi 555/1912 et les arrets de la Cour constitutionnelle 87/1975 et 30/1983, tels qu'ils sont detailles dans notre guide dedie. La transmission intergénérationnelle n'est rompue que par une naturalisation étrangère de l'ascendant avant la naissance du descendant, ou par une renonciation explicite à la citoyenneté italienne. Pièces requises : actes de naissance, mariage et décès de chaque maillon de la chaîne, dossiers de naturalisation étrangère le cas échéant, certificats de non-renonciation délivrés par les consulats. Délais de traitement 2 à 4 ans selon les consulats, qui varient dans leur rigueur documentaire.
Création d'entreprise comme voie d'immigration
Pour les ressortissants non-UE qui n'ont pas le capital nécessaire à un visa investisseur, constituer une SRL ou ouvrir une activité en tant que freelance offre une voie d'immigration stable et reconnue. Le visa travail autonome (art. 26 du TUI) est délivré lorsque la requête démontre un projet d'entreprise viable, une qualification professionnelle avérée (diplômes ou expérience sectorielle) et des moyens financiers suffisants (le consulat exige généralement un solde bancaire de 15 000 € à 25 000 €). La constitution de la SRL elle-même prend 4 à 6 semaines (notaire, Chambre de Commerce, Agenzia delle Entrate, INPS), tandis que l'obtention du visa depuis le consulat d'origine demande 3 à 6 mois selon les saisons. Cette voie est particulièrement adaptée aux profils tech, conseil et industries créatives, où l'Italie manque de talents ; elle ouvre aussi l'accès au régime des impatriés dès que la résidence fiscale est acquise.
Sortie du Royaume-Uni : relocaliser une entreprise britannique
Depuis le Brexit effectif le 1er janvier 2021, les ressortissants britanniques ne bénéficient plus de la liberté de circulation UE et doivent obtenir un visa pour travailler ou créer une entreprise en Italie. Les Britanniques qui souhaitent relocaliser leur société vers l'Italie ont trois options principales : (1) le visa travail autonome pour ouvrir une SRL italienne (capital minimum 1 €) ; (2) le visa investisseur en investissant 250 000 € à 2 000 000 € dans une activité italienne éligible ; (3) la résidence élective pour les retraités ou travailleurs à distance financièrement indépendants (revenu annuel d'au moins 31 000 €). Les sociétés britanniques peuvent continuer à opérer en Italie via une succursale (branch office) sans visa, mais leurs dirigeants britanniques restent soumis à l'obligation de visa. L'accord UK-UE sur la mobilité professionnelle ne couvre pas l'Italie de manière préférentielle, contrairement à la France ou à l'Allemagne.
Auto-entrepreneur France vers Partita IVA italienne
Le passage du statut d'auto-entrepreneur français à la Partita IVA italienne implique plusieurs étapes coordonnées : radiation du registre français (INPI), fermeture du compte bancaire professionnel, demande du code fiscal italien via le consulat, puis inscription à l'Agenzia delle Entrate pour l'obtention de la Partita IVA. Le régime forfaitaire italien à 5 % pendant cinq ans offre souvent une charge fiscale inférieure au micro-fiscal français, à condition de rester sous le seuil de 85 000 € de chiffre d'affaires. La convention fiscale France-Italie évite la double imposition : les revenus produits en Italie sont imposés en Italie, ceux produits en France restent imposables en France. Les cotisations sociales italiennes (Gestione Separata ou gestion des artisans) peuvent être plus élevées que le régime français ; un bilan personnalisé est recommandé avant le transfert.